Yves Antoine Mbaki, acteur social en République démocratique du Congo a appelé jeudi, à repenser l’opposition d’idées comme un levier d’amélioration, et non comme une menace, lors d’un forum en ligne. Ce message fort lancé par l’acteur social plaide pour une réhabilitation urgente de la culture du débat dans le pays de Lumumba.
« La divergence d’opinion ne devrait pas être interprétée comme une remise en cause systématique des individus ou des institutions, mais comme une contribution au perfectionnement de l’action collective », a-t-il affirmé lors de cet échange virtuel.
Selon lui, la divergence d’opinion n’est pas une attaque personnelle, mais un moteur pour perfectionner l’action collective.
Pour M. Mbaki, réhabiliter le débat exige un virage profond : « Accepter d’écouter sans disqualifier, répondre aux arguments plutôt qu’aux personnes, et reconnaître que la vérité ne se construit pas dans l’uniformité ».
Dans l’espace public congolais, pourtant, une opinion divergente est encore trop souvent assimilée à de l’hostilité.
« Cette confusion persistante entre critique et opposition fragilise la qualité du débat démocratique et interroge notre capacité collective à faire place à la pensée libre », a-t-il déploré, précisant que la vitalité d’une démocratie se juge à la qualité de ses échanges publics.
Or, en RDC, la difficulté à accepter la divergence d’idées sans la transformer en affrontement mine ce pilier essentiel.
De la critique à l’adversité : un piège courant
Dans les arènes politiques, sociales ou professionnelles, a fait remarquer l’intervenant, exprimer un point de vue différent mène vite à une catégorisation. L’auteur d’une critique constructive est perçu comme un opposant voire un adversaire.
A l’en croire, cette lecture réductrice s’ancre dans une culture où la loyauté équivaut à l’alignement total, bannissant toute distance intellectuelle. « Le risque d’isolement freine les voix dissidentes, privilégiant la prudence au débat sincère».
« Cette restriction implicite de la parole a un coût élevé : elle limite la circulation des idées, freine l’innovation sociale et réduit la capacité d’une société à s’auto-corriger », a alerté Yves Mbaki.
« Aucune communauté ne peut progresser durablement sans accepter de questionner ses propres pratiques », a-t-il insisté, soulignant par ailleurs que penser autrement ne devrait pas requérir du courage ou susciter la suspicion, c’est le socle de tout progrès.
En définitive, « ce n’est pas la divergence qui fragilise une nation, mais l’incapacité à lui faire une place ».
La rédaction.



