Face aux défis sécuritaires et humanitaires persistants, le gouvernement congolais et ses partenaires internationaux ont fait le point à Kinshasa, à l’occasion d’un atelier organisé dernièrement, sur l’utilisation du Fonds des Nations unies pour la Consolidation de la Paix (PBF). L’accent a été mis sur le renforcement des projets locaux et l’adoption d’un cadre stratégique pour mieux anticiper les crises futures.
Sous la coprésidence du ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, et du Coordonnateur résident par intérim des Nations unies, Alain Akpadji, la session du Comité de Pilotage Conjoint a permis d’évaluer les avancées des projets en cours et de valider un Cadre de Résultats quinquennal, tout en esquissant les grandes orientations pour l’année 2026.
Ouvrant les travaux, le ministre du Plan a d’abord présenté ses vœux pour l’année 2026, souhaitant qu’elle soit porteuse de paix, de solidarité et de résultats concrets au bénéfice des populations.
Il a rappelé les défis majeurs auxquels la RDC est confrontée sur les plans sécuritaire, humanitaire et du développement, tout en saluant les avancées diplomatiques enregistrées sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, notamment la signature de l’Accord de paix de Washington.
« Il s’agit là d’une dynamique positive qui appelle au renforcement de notre capacité d’anticipation des urgences post-conflit, en vue d’apporter des réponses adaptées aux attentes légitimes des populations affectées », a-t-il souligné.
Face au contexte international marqué par une contraction des financements, le ministre a invité le Comité à une réflexion approfondie sur la continuité de l’aide au développement.
Il a proposé trois axes à savoir : le renforcement de la coordination et la rationalisation de l’aide, l’effort accru de mobilisation des ressources internes, et la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation efficace.Concluant son propos, il a lancé la devise de son ministère : « Tous engagés, tous mobilisés pour planifier, pour moderniser et pour transformer des vies».

L’appropriation locale, clé de la pérennité
De son côté, Alain Akpadji a exprimé sa gratitude au gouvernement pour la qualité du dialogue entretenu, avant d’évoquer les contraintes de liquidité que traverse actuellement le PBF en raison du non-paiement des contributions statutaires de certains États membres.
« Ce contexte nous interpelle et exige une gestion rigoureuse du portefeuille PBF ainsi qu’une mobilisation renforcée et élargie des ressources », a-t-il déclaré.
Il a mis en lumière les projets phares en préparation, notamment le programme Vision et gouvernance de la paix, qui vise à bâtir une vision globale et inclusive de la gouvernance de la paix en RDC, articulée entre les niveaux local, provincial et national.
Ce projet pourrait constituer un levier essentiel pour inscrire durablement une architecture de la paix dans les politiques publiques, en synergie avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
Abordant la question de la durabilité des résultats, le Coordonnateur résident a.i. a insisté sur un défi persistant, celui de l’appropriation nationale et locale.
« Les évaluations des projets clôturés en 2025 rappellent que la durabilité des résultats dépend de notre capacité à renforcer l’appropriation au niveau local et à mieux relier les interventions du PBF aux politiques publiques en cours », a-t-il souligné.
Le nouveau Cadre de Résultats quinquennal, aligné sur le Cadre de Coopération pour le Développement Durable des Nations unies 2025-2029, constitue une avancée majeure. Il permettra de mieux coordonner la collecte des données, de capitaliser les acquis et d’orienter plus efficacement la conception des futurs projets. Avec cet outil novateur, la RDC figure désormais parmi les premiers pays bénéficiaires du PBF à se doter d’un tel mécanisme de pilotage stratégique.
Alain Akpadji a en outre salué le travail déjà accompli : « Je tiens à féliciter chaleureusement toutes les équipes qui ont contribué à ce travail».
La session s’est achevée sur un appel à renforcer la communication autour des résultats obtenus, afin de démontrer la valeur ajoutée du PBF et de soutenir la mobilisation de ressources nouvelles et diversifiées dans un contexte international complexe.
La rédaction



