La fermeture des centres et cliniques d’esthétique de type « BBL » à Kinshasa en République démocratique du Congo, a été annoncée, mercredi 26 novembre, par le ministre de la Santé publique Dr Roger Kamba, lors de sa réponse à une question d’actualité devant la représentation nationale réunie en plénière au Palais du peuple.
« La médecine esthétique, notamment dans son volet chirurgical, n’est pas régulée dans notre pays. Nous n’avons pour l’instant ni le cadre légal ni les moyens nécessaires pour délivrer une quelconque autorisation. Nous avons donc ordonné la fermeture de ces centres pour des raisons médicales, car ils enfreignent la loi », a affirmé le Dr Roger Kamba.
Après une enquête réalisée par les inspecteurs à la santé, le ministre Kamba a précisé que toutes ces structures dont, entre autres, « ML beauty bar, Taille S clinique et le centre hospitalier UV RDC » fonctionnent dans l’illégalité et que son ministère n’a donné aucune autorisation.
Le Dr Kamba a révélé que ces centres utilisent du personnel non qualifié, emploient des produits non homologués, et réalisent des injections pouvant entraîner des infections graves, des séquelles irréversibles, voire la mort. « Ce sont des officines clandestines. Ce ne sont pas des structures de médecine légalisées par le ministère de la Santé », a-t-il dit.
Il a donc conclu que dans ces conditions, le ministère ne pourra donc pas autoriser aucune de ces cliniques à exercer parce qu’elles ne sont pas médicales. « Nous ne pouvons pas leur donner des protocoles parce qu’elles ne sont pas des cliniques médicales. Nous ne pouvons pas leur demander d’avoir des plateaux techniques parce que nous ne l’autorisons pas. Nous ne pouvons pas tout simplement leur demander d’exerce ».
C’est le député national Guy Mafuta qui est à l’origine de cette interpellation. L’élu de Tshikapa alertait depuis plusieurs semaines sur la multiplication de ces opérations souvent réalisées dans des structures clandestines, par des individus non qualifiés et dans des conditions sanitaires jugées dangereuses. Il réclamait du gouvernement une prise de position claire et des actions concrètes pour répondre à la prolifération de ces pratiques esthétiques non encadrées.
Le Brazilian Butt Lift (BBL), qui consiste à injecter de la graisse prélevée sur le corps du patient dans la région fessière, a gagné en popularité ces dernières années. Cette opération séduit principalement pour deux raisons : l’aspiration esthétique et l’amélioration de la silhouette corporelle. La possibilité de sculpter votre silhouette tout en augmentant votre postérieur avec vos propres graisses attire beaucoup de patientes.
En dépit de son attrait apparent, le BBL comporte plusieurs risques qu’il est crucial de considérer avant de choisir cette intervention. Parmi ceux-ci, certains peuvent avoir des conséquences sévères, voire fatales, si des précautions ne sont pas prises. Des complications sévères infections, embolies graisseuses, hémorragies ont été rapportées dans plusieurs pays, y compris dans des environnements médicaux mieux régulés que ceux de Kinshasa.
Dorcas Nzumea



