Le système médical congolais, en particulier dans le domaine de la maternité, semble aujourd’hui sombrer dans une forme d’obsolescence préoccupante. Une réalité tragique se manifeste dans de nombreuses institutions sanitaires à travers le pays, où ce qui devrait être un moment de joie la naissance d’un enfant se transforme trop souvent en drame silencieux.Dans ces services de maternité, des femmes, souvent jeunes, animées par l’espoir de donner la vie, voient cet espoir brisé.
A la place de l’épanouissement attendu, c’est parfois la mort qui survient, emportant la mère, l’enfant, ou les deux.Ce phénomène n’est pas sans interroger. Il soulève des questions graves sur la qualité des soins, les conditions de travail du personnel soignant, et parfois, sur une certaine forme de négligence qui semble s’être installée, insidieuse.
Les témoignages recueillis auprès de patientes, ou de leurs familles, révèlent un système défaillant, où l’indifférence peut parfois l’emporter sur le serment d’humanité.Comment comprendre que, dans un moment aussi critique que l’accouchement, certaines femmes soient laissées seules, sans accompagnement adapté, ou confrontées à un personnel débordé, mal formé, ou désabusé ? Il ne s’agit pas ici de désigner des coupables à la légère, mais de poser un regard lucide sur une situation qui devient de plus en plus insupportable.
Une interpellation collective
Cette réalité, bien que connue de certains cercles, reste largement ignorée dans le débat public. Et pourtant, les cris de détresse de ces femmes résonnent comme une alarme. Ces souffrances ne doivent plus être étouffées. Elles doivent, au contraire, nous pousser à une prise de conscience collective.Il est temps de briser le silence. Il est temps d’interroger les politiques de santé publique, les moyens alloués aux maternités, la formation du personnel, la gouvernance des institutions sanitaires. Il est temps aussi, en tant que société, de réaffirmer l’importance de la maternité comme pilier du développement humain.
Par Heiddie Divioka Djingerberg, chercheur en droit procédural pénal



