Le ministre russe des Affaires étrangères a dénoncé, samedi, la manipulation des dispositions de l’Organisation des Nations unies par les occidentaux suite au déclanchement, jeudi dernier, du mécanisme « snapback » contre l’Iran, ont écrit les médias internationaux.
« Il s’agit d’une tentative flagrante de manipulation des dispositions de la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies », a déclaré Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères.
En effet, cette condamnation est intervenue suite à la décision récente du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne de réactiver les sanctions internationales contre la République islamique d’Iran autour du dossier nucléaire.
Cette annonce a immédiatement suscité de vives réactions de la part de la Russie et de la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu.
Le ministère a souligné qu’« aucune base juridique ou procédurale ne permet aux pays européens d’enclencher ce mécanisme », appelant la communauté internationale à rejeter ces actions.
La diplomatie russe a dénoncé un comportement « hors du cadre légal » de la part de Londres, Paris et Berlin, les accusant de vouloir imposer leur propre interprétation du mécanisme, pourtant décrit comme « complexe et inédit ». Moscou considère que l’initiative des trois pays constitue un facteur déstabilisant majeur qui entrave les efforts diplomatiques pour une solution pacifique.
De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré que « déclencher ce mécanisme n’est pas constructif, cela va nuire au règlement politique et diplomatique de la question nucléaire iranienne ».
Il a ajouté que Pékin continuerait à « adopter une position juste et objective » pour promouvoir le dialogue. Pékin rappelle que la situation autour du nucléaire iranien se trouve à un « moment critique » et met en garde contre toute escalade.
Pour la Chine, les mesures du Conseil de sécurité devraient contribuer à la reprise des négociations, et non aggraver la situation.
En réponse à cette crise, la Russie et la Chine ont conjointement soumis un projet de résolution au Conseil de sécurité. Un texte qui prévoit une extension technique de six mois du régime actuel pour maintenir les conditions d’un dialogue diplomatique et empêcher le rétablissement automatique des sanctions.
En outre, le ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi a souligné que les Européens « ont ignoré les obligations de dialogue prévues dans le Plan d’action global commun », contournant les mécanismes de médiation avant de se tourner vers l’Onu.
Le ministère russe a ajouté que « les problèmes actuels ont été créés par l’Occident, pas par l’Iran. L’accord nucléaire avait été respecté par Téhéran même après le retrait unilatéral des États-unis ».
La Russie appelle solennellement les pays européens à reconsidérer leurs décisions erronées avant qu’elles ne provoquent des conséquences irréparables et une nouvelle tragédie. Seul le retour à un dialogue équilibré, fondé sur le respect du droit international et des intérêts légitimes de Téhéran, peut prévenir une nouvelle crise.
ACP/UKB



