Les écrivains en République démocratique du Congo ont été appelés à persévérer dans leur mission de sensibilisation et de promotion de la paix, malgré les conditions difficiles d’exercice de leur métier, lors d’une conférence organisée samedi 21 juin, à l’Université de Kinshasa (Unikin). Cette conférence-débat, initiée par le Cercle des hommes de lettres (Cerhol), a également marqué le lancement de l’Espace-SIC (Sciences de l’information et de la communication), un cadre d’échange au sein de la faculté des Lettres de cette alma mater.
Intervenant en tant que formateur, l’écrivain Tiguy Elebe a axé son discours sur le rôle de la littérature dans la promotion de la paix, insistant sur la responsabilité sociale des hommes et femmes de lettres dans un pays en proie à des crises, notamment dans sa partie orientale.
« Un écrivain est celui qui est appelé à éveiller les consciences, à peindre la société dans laquelle il vit lui-même. Il est témoin, acteur ou porte-voix par procuration, à travers sa plume, qui est une véritable arme », a déclaré Tiguy Elebe.
Dans un plaidoyer engagé, il a par ailleurs exhorté ses confrères à continuer d’écrire, même face aux obstacles tels que l’absence de maisons d’édition, de librairies ou de mécanismes de soutien étatique.
« Les conditions sont difficiles. La promotion des écrivains est très faible. Mais il ne faut pas se lasser. Nous sommes citoyens d’une société et avons notre partition à jouer. Il est essentiel de dénoncer à travers nos écrits, d’interpeller, de conscientiser », a-t-il martelé.
Au-delà de ce message d’encouragement, l’écrivain a également interpellé les autorités congolaises sur leur responsabilité.
« Il y a lieu d’interpeller les pouvoirs publics sur leur rôle dans la création d’infrastructures et de mécanismes favorables à l’épanouissement des écrivains. Il est possible de s’organiser pour réunir toutes les conditions nécessaires à l’expression des auteurs, qui peuvent ainsi devenir des modèles dans la société », a-t-il plaidé.
Les médias congolais également interpellés et sensibilisés à cultiver la paix
Présent à cette conférence-débat, le professeur Patrick Onoya, parrain de l’activité, a rappelé le rôle crucial des médias dans la construction de la paix.
« Plus de 70 % des textes lus par la population proviennent des journaux. Cela fait des journalistes et professionnels de l’information de véritables acteurs de paix », a-t-il expliqué, évoquant le rôle du communicateur en temps de guerre.
Cette conférence a marqué le lancement officiel de l’Espace-SIC (Sciences de l’Information et de la Communication) au sein de la faculté des Lettres de l’Université de Kinshasa. Ce nouveau cadre, mis en place par le Cercle des hommes de lettres (Cerhol), ambitionne de devenir un espace de réflexion, de débat et d’échange pour les passionnés de la communication et de la littérature.
La rédaction



