La comédie musicale intitulée « Sarafina », originaire d’Afrique du Sud, qui dépeint les luttes des étudiants sous l’apartheid, a été revisitée et mise à contribution de la jeunesse comme pièce didactique en République démocratique du Congo, a révélé jeudi le créateur scénique au cours d’un entretien.
Ce spectacle, déjà adapté en film en 1992 avec Whoopi Goldberg et Leleti Khumalo, a été réadapté au théâtre par Jules Mbuya, directeur de la compagnie théâtrale »Clasas »(Classe des arts et du spectacle). Sarafina est interprétée par des enfants âgés de 5 à 14 ans, inscrits aux cours de théâtre de cette compagnie, dispensés à l’Institut français de Lubumbashi dans le cadre du programme intitulé « Les théâtres pour enfants et adolescents ».
Selon le metteur en scène congolais, cette revisitation, présentée le 6 juin dernier au Centre Wallonie-Bruxelles de Lubumbashi dans le cadre de la 21ème édition du Festival « Unyanga », théâtre du jeune public, s’inscrit dans une démarche visant à inspirer les jeunes dès le plus jeune âge afin de leur garantir un avenir radieux.
Jules Mbuya s’est dit motivé, d’une part, par le fait que la pièce met en scène des jeunes, en particulier des élèves, et que certaines scènes se déroulent dans un cadre scolaire.
« La pièce présente également l’image d’un leader modèle, à l’instar de Nelson Mandela, sur lequel les jeunes doivent s’inspirer pour contribuer à la création d’une société juste, libre, et agréable à vivre. Enfin, chaque année, je choisis un texte qui me sert de matériau pour les cours de théâtre », a-t-il expliqué.
Concernant le langage, la présence de scènes violentes et la force des messages véhiculés par la pièce destinée à un jeune public, le metteur en scène a pris le soin de chorégraphier les séquences sensibles afin de rester fidèle à l’esprit de l’œuvre tout en préservant l’innocence des enfants.
« Sur le plan technique et artistique, j’ai opté pour des moyens simples en chorégraphiant les coups et les mouvements afin d’éviter tout risque d’accident », a-t-il précisé.
Il a ajouté : « J’ai représenté certaines scènes de violence que les enfants avaient déjà vues dans des films, notamment Sarafina, que nous avons adaptée au théâtre. Je leur ai bien fait comprendre qu’il s’agissait de mises en scène, et non de la réalité, ce qui les a beaucoup amusés. Quant aux différentes langues présentes dans le texte, les enfants ont pris plaisir à en découvrir les bases»
Sarafina est une comédie musicale sud-africaine créée par Mbongeni Ngema en 1987. Elle dépeint les luttes des étudiants noirs dans les années 1970 et met en lumière les massacres d’étudiants à Soweto. La pièce plaide pour une Afrique libre, non raciale et démocratique, dans laquelle tous vivent en harmonie et bénéficient de chances égales. Elle interpelle également sur les grandes valeurs panafricaines.
Par ailleurs, cette adaptation de Jules Mbuya a également été jouée le mois dernier à la quinzième édition du Festival de théâtre scolaire (Fethesco).
« À travers cette pièce, les enfants ont découvert l’histoire de Nelson Mandela, figure emblématique du panafricanisme et fondement de cette idéologie panafricaine, dont l’idéal est celui d’une Afrique libre, non raciale, démocratique, dans laquelle il faut bannir toute forme de violence et de discrimination », a conclu Jules Mbuya.
Bertille Lutumba



