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Main tendue de Martin Fayulu à Félix Tshisekedi : un geste accueilli avec réserve dans l’opinion

Dans une adresse à la nation, Martin Fayulu, figure de proue de l’opposition congolaise et président du parti Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), a exprimé ce lundi 2 juin son souhait de rencontrer le président Félix Tshisekedi. Une démarche qu’il présente comme un sursaut républicain, susceptible de « trouver une issue à la crise existentielle qui secoue la République démocratique du Congo ».

En réponse, la présidence de la République, par la voix de sa porte-parole Tina Salama, a salué ce geste. Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), elle a annoncé que le chef de l’État accepte cette main tendue, y voyant un « acte de patriotisme » et un « engagement pour la cohésion nationale ».

Si certains saluent cette initiative comme une tentative salutaire de dialogue, d’autres y voient un revirement déconcertant.

Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO (Association africaine de défense des droits de l’homme), s’est montré favorable à cette rencontre. Dans un message posté sur X, il estime que « en temps de crise, il n’est pas impossible de se parler, surtout quand l’existence du pays est menacée ».

À l’opposé, Kashogy Kalambay, secrétaire général du regroupement politique Alternative Crédible, ne cache pas sa déception. Il fustige une « versatilité » qui, selon lui, « fragilise la confiance du peuple et décrédibilise le combat politique ».

Il s’interroge : « Comment comprendre que certains acteurs, qui ont signé des engagements communs il y a à peine un mois, changent brusquement de cap, remettant en cause ceux avec qui ils avaient tendu la main ? La politique exige cohérence et constance ».

Même son de cloche chez Owen Bosenge, un autre opposant, pour qui « la démarche de Martin Fayulu de rencontrer Félix Tshisekedi est une trahison contre l’opposition ».

Il appelle à soutenir fermement l’action du tandem CENCO-ECC, porteur d’une démarche alternative de dialogue national, jugée plus inclusive et indépendante.

Le journaliste politique Jonathan Bilari a, quant à lui, appelé à dépasser les postures idéologiques.

« En RDC, l’heure n’est plus aux postures figées. Le dialogue peut être une force si l’intérêt du peuple prime sur les ego. L’Histoire jugera ».

Fayulu, tout en appelant à l’ouverture, précise les contours de sa démarche : pas question de compromis politicien, mais de dialogue au service de l’intérêt national. Citant Joseph Kabila, qui, le 23 mai dernier à Goma, avait lui aussi appelé au dialogue, le leader de Lamuka affirme
« Aucune raison, même stratégique, ne saurait justifier une collaboration avec ceux qui déchirent notre pays. Le seul chemin vers la rédemption de nos erreurs passées, c’est le dialogue, pas la compromission ».

Il a par ailleurs exhorté l’ancien président à quitter Goma, qu’il qualifie de « ville martyre, aujourd’hui occupée avec la complicité de forces ennemies ».

Et d’avertir :« L’Histoire ne pardonne pas les trahisons, encore moins celles faites à la patrie ».

La Rédaction

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