Comme chaque année, le 10 février est une date incontournable pour les adeptes de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes (SAPE) à Kinshasa. Mais cette édition 2025 revêt un caractère particulier. En plus de célébrer le 30ᵉ anniversaire du décès de Stervos Niarkos, figure emblématique du mouvement, les sapeurs ont saisi l’occasion pour dénoncer l’agression du Rwanda en RDC, affirmant leur soutien aux Forces armées congolaises (FARDC) et aux jeunes patriotes du Wazalendo.
Ni armes ni discours belliqueux. Pour faire entendre leur voix, les sapeurs ont choisi leur plus belle arme : l’élégance. Vêtus de costumes raffinés, de chaussures italiennes, de manteaux en cuir et d’accessoires luxueux, ils ont défilé sur le boulevard du 30 juin, non loin du cimetière de la Gombe, où repose Niarkos.

Dans cette atmosphère de recueillement mêlée à une démonstration de style, les slogans fusaient :
« Kofinga te, lata nde ! » (Pas d’injures, habillez-vous !).
Matadi le Japonais, membre du mouvement, vêtu d’un chapeau noir unique en son genre, a pris la parole pour envoyer un message fort.
« Nous ne faisons pas de comédie. Cette journée est spéciale pour nous, car nous soutenons nos frères et sœurs de l’Est ainsi que nos militaires qui défendent la patrie. Nous aussi, à travers nos habits, nous entrons dans la lutte. Paul Kagame nous croisera sur son chemin ! »
Né le 31 mai 1952 à Kinshasa, Adrien Mombele Samba Ngantshie, alias Stervos Niarkos, était à la fois musicien et icône de la sape. Il a marqué les années 70 aux côtés d’artistes comme Papa Wemba et Bozi Boziana, prônant un style vestimentaire extravagant et raffiné. Parmi ses chansons les plus célèbres, on retrouve “Dernier coup de sifflet”, “Champs-Élysées”, “Kouroubio” et “Bateke”.
Arrêté en France pour une affaire de drogue, il est décédé le 10 février 1995 à l’hôpital de la Salpêtrière, alors qu’il était détenu à la prison de Fresnes.
Depuis sa disparition, ses disciples perpétuent son héritage en organisant, chaque 10 février, une grande procession vers sa tombe au cimetière de la Gombe, transformant cette journée en un hymne à la mode, au style et à la contestation pacifique.
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