La cité de Masisi-Centre, située dans la province du Nord-Kivu, est à nouveau tombée entre les mains des rebelles du M23 ce jeudi, après de violents affrontements avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette reconquête par les rebelles intervient moins de 24 heures après que les forces loyalistes congolaises avaient repris cette localité stratégique.
Selon le général Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, le M23, appuyé par l’armée rwandaise, a lancé une contre-offensive de grande envergure dès 9 heures locales, profitant de leur contrôle du point stratégique de Kalonge pour reprendre Masisi-Centre.
«Les FARDC progressent considérablement sur les différents fronts. Ngungu est sous contrôle total, ainsi que l’ensemble des positions environnantes. Toutefois, à Masisi, bien que nous ayons repris la cité hier, les terroristes du M23, soutenus par leurs alliés rwandais, ont exploité leur position à Kalonge pour réoccuper Masisi-Centre cet après-midi. Les combats se poursuivent, et notre détermination reste intacte», a déclaré le général Ekenge lors d’un point de presse diffusé jeudi soir sur la RTNC.
Des combats acharnés en cours
Des sources locales, relayées par Radio Okapi, ont confirmé que les affrontements se poursuivaient autour de Masisi-Centre et dans ses environs. Malgré ces revers, le général Ekenge a affirmé que l’armée congolaise conservait l’initiative sur plusieurs axes.
«Sur l’axe Saké, nos forces ont réussi à déloger les forces spéciales rwandaises des hauteurs stratégiques, infligeant d’importantes pertes en hommes et en matériel à l’ennemi», a-t-il précisé, ajoutant que les FARDC combinaient efficacement des moyens aériens, terrestres et d’artillerie pour renforcer leurs positions. Il a également rassuré sur le moral élevé des troupes engagées au front.
Dans une déclaration empreinte de fermeté, le général Ekenge a dénoncé le soutien militaire actif du Rwanda au M23, qualifiant cette situation d’agression prolongée contre la RDC.
«Trente ans d’agression, ça suffit ! Les FARDC sont déterminées à mettre un terme à cette barbarie avec tous les moyens à leur disposition. Le peuple congolais peut compter sur une armée résolue et prête à en découdre», a-t-il martelé.
L’intensification du conflit
Par ailleurs, d’autres affrontements ont été signalés jeudi matin dans les collines de Bweremana, dans le groupement de Mupfunyi Shanga, ainsi qu’à Mweso, dans le groupement de Bashali Mokoto. Ces hostilités confirment l’escalade des combats dans la région, exacerbant les déplacements massifs de populations civiles.
Malgré la complexité de la situation, le porte-parole des FARDC a tenu à rappeler que cette guerre ne se gagnerait pas en un seul combat.
«On peut perdre une bataille, mais la victoire finale sera congolaise», a-t-il assuré, appelant la population à soutenir fermement le président Félix Tshisekedi, commandant suprême des FARDC, pour vaincre cette menace.
Le conflit à l’Est de la RDC reste l’un des plus préoccupants, mais l’armée congolaise réaffirme sa détermination à restaurer l’intégrité territoriale du pays.
La rédaction.
