L’ Observatoire de la dépense publique ( Odep), via un communiqué rendu public, le lundi 06 janvier, a annoncé son retrait du partenariat entre l’Inspection générale des finances ( IGF) et la Société civile, qui leur permettait de faire chorus pour lutter contre le détournement des deniers publics en RDC. Cette Organisation de la Société civile fustige l’affaiblissement du pouvoir de l’IGF avec le laxisme du président de la République suite à la suppression de la patrouille financière, la création d’un Département économique et financier ( Dief) au sein de l’Agence nationale de renseignement ( ANR).
Le PCA de l’Odep, Florimond Muteba n’a pas mis sa langue dans la poche :
» Le contexte dans le fonctionnement d’aujourd’hui de l’IGF ne correspond plus à celui de l’époque où nous l’avons soutenue. Soutenir l’IGF aujourd’hui, c’est soutenir le président Félix Tshisekedi dans ses dérives. On ne peut pas soutenir quelqu’un comme ça, ni directement, ni indirectement », a-t-il indiqué.
La patrouille financière constitue actuellement un élément absorbant de la multiplication que les proches de la famille du président de la République ne veulent pas et qui affaiblit Jules Alingete. Pourtant, à en croire cette organisation de la Société civile, elle a permis de doubler la mobilisation des recettes, passant de 4 milliards de dollars américains sous le régime du président Joseph Kabila à 9,6 milliards en 2023.
» La famille du président de la République, au sens large, occupe les institutions. Ils sont partout où les deniers publics sont manipulés. Donc, ce sont tous ces gens-là qui ne veulent plus de la patrouille financière et qui ont carrément comploté. Ces gens-là sont très opposés à Jules Alingete, et du coup, l’IGF est en train de recevoir des coups mortels. À cause de ce complot-là, ils ont réduit le pouvoir de l’IGF, notamment son dédoublement.
Posez la question à Alingete, …, il ne veut peut-être pas en parler pour ne pas gêner ceux qui l’ont fait, parce que ça vient du président, ça vient d’en haut. Moi, je viens de mettre fin à ce partenariat aujourd’hui, alors que j’étais un partenaire privilégié de l’IGF. Comment puis-je ne pas le savoir ? », a souligné le PCA de l’Odep.
Concernant le dédoublement de l’IGF, Florimond Muteba a fait référence à la création en août 2024 du Département de l’intelligence économique et financière (Dief) au sein de l’Agence nationale de renseignements (ANR), dont la mission devrait consister notamment à la vérification et au contrôle des flux de capitaux, des transactions bancaires et non bancaires, des paiements mobiles et des monnaies virtuelles, ainsi que dans la surveillance des ressources naturelles et des produits stratégiques.
Ce département n’a pas sa raison d’être dans la mesure où le pays a déjà plusieurs outils de contrôle financier.
« Nous avons suffisamment d’instruments aujourd’hui, dont l’IGF, la Cour des comptes, la Cenaref.Nous avons suffisamment de structures de contrôle en rapport avec les finances publiques, et en créer une autre n’était pas opportun. L’ ANR n’a même pas les moyens de payer 500 USD à ses agents. L’ ANR est une administration pauvre, et lui ajouter une structure permet de créer de nouveaux pauvres », a-t-il fait savoir.
Non au changement de la Constitution
Par ailleurs, le PCA de l’Odep a levé l’équivoque en disant non au changement de la Constitution du 18 février 2006, tant souhaité par le Chef de l’État et sa famille politique.
« Nous nous opposons au troisième mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi et à l’idée même de changer la constitution ou de la revisiter. Le contexte est d’abord de vaincre la guerre dans l’est. Est-ce que la mauvaise gouvernance que nous décrions est un problème de Constitution ? Donc, cette initiative n’est pas opportune, elle peut perturber la paix dans le pays et là, il est en train de jouer avec le feu, oubliant que ce feu peut brûler l’ensemble du pays », a-t-il tiré la sonnette d’alarme.
Un appel à la raison face à un comportement de dictateur
Florimond Muteba appelle le président de la République à revenir à la raison et à tirer des leçons du sort de ceux qui, dans le passé, ont opté pour la « dictature » comme mode de gestion.
» Les dictateurs, nous en avons connus de toutes sortes dans ce pays. Nous avons connu Mobutu, les deux Kabila, qui ne sont plus là aujourd’hui. Donc, les dictateurs doivent tirer des leçons de ceux qui ont vécu avant eux. Ça finit toujours, la dictature. Ce n’est pas bien de vouloir perturber les gens, les arrêter ou les enlever, etc. C’est ridicule de se comporter comme ça » a-t-il martelé.
Le PCA de l’Odep appelle Tshisekedi à rétablir l’IGF dans ses droits pour renforcer la bonne gouvernance. « Il a intérêt, en rapport avec l’avenir de notre pays, à restaurer l’IGF avec ses outils qui lui permettaient de faire le travail, ce qui nous a permis de doubler le budget. S’il ne peut pas comprendre ça, c’est vraiment dommage parce que la Constitution n’a rien à voir avec l’effort à faire pour le développement du pays ».
Des détournements de deniers publics sont dénoncés du jour au lendemain par l’IGF et d’autres structures de la Société civile mais au finish, ces politiciens, opérateurs économiques ou proches de la famille du président de la République cités dans un dossier ne comparaissent pas devant la justice en général. Les rares personnes qui sont déférées devant les instances judiciaires sont libérées de manière spectaculaire. Depuis le procès 100 jours, les populations congolaises sont de plus en plus sceptiques et n’ont plus confiance ni en la justice congolaise ni à ses dirigeants.
Batok’s



