Deux ans après son décès, la mémoire de Ne Muanda Nsemi, de son vrai nom Zacharie Badiengila, a été honorée lors d’une cérémonie commémorative tenue le samedi 18 octobre à N’djili, dans l’est de Kinshasa. L’événement a rassemblé fidèles, sympathisants et membres du mouvement Bundu Dia Kongo (BDK), venus saluer l’œuvre d’un homme considéré comme l’un des grands éveilleurs de conscience du peuple de la République démocratique du Congo.
Fondateur du mouvement BDK, écrivain prolifique et figure spirituelle influente, Ne Muanda Nsemi laisse un héritage riche, consigné dans plus de trois cents ouvrages couvrant la politique, la religion, la culture et les sciences. Son message, centré sur la renaissance culturelle et spirituelle du peuple Kongo, continue de susciter un large écho, bien au-delà des frontières de la RDC.
« Il avait déjà accompli une grande mission : éveiller la conscience du peuple congolais en particulier, et du peuple noir en général », a déclaré Maître Phuati Ngoma, directeur des questions politiques, administratives et juridiques au sein de l’ASBL Bundu Dia Kongo.
« Il a écrit sur la politique, la religion et la science. Il a promu l’usage de nos langues africaines dans ses écrits », a-t-il ajouté.
Selon les intervenants à la cérémonie, Ne Muanda Nsemi portait une vision d’un nouvel ordre politique africain, fondé sur le fédéralisme et la revalorisation des traditions africaines comme socle de développement. Il prônait une confédération africaine, fondée sur l’autonomie des peuples et l’harmonisation de leurs valeurs traditionnelles avec les exigences du monde moderne.
« L’homme noir a la capacité d’inventer comme les autres, mais en retrouvant les chemins de nos ancêtres », a affirmé Me Phuati, soulignant la portée scientifique et philosophique du message de l’ancien député et leader spirituel.
Bundu Dia Kongo reconnu comme association culturelle
Un moment important de cette cérémonie a été l’annonce de la reconnaissance légale de Bundu Dia Kongo comme association culturelle en République démocratique du Congo. Longtemps perçu comme un mouvement à connotation politico-religieuse, BDK affirme désormais son identité originelle : un mouvement culturel à vocation globale, enraciné dans la culture négro-africaine.
« BDK est à la fois une école de formation spirituelle, une académie des sciences et une école de formation des dirigeants politiques », a rappelé Me Phuati.
Il a ajouté que cette reconnaissance juridique représente une avancée majeure pour le mouvement dans sa mission de promotion de la bonne gouvernance, de la conscience nationale et de la moralité en politique.
Aujourd’hui, Bundu Dia Kongo continue de fonctionner sous la direction de Mbuta Kitoko Difukidi, représentant légal du mouvement. En raison de son âge avancé, il est assisté par Mbuta Mputu Lusembo, qui assume les fonctions de représentant légal faisant fonction, assurant ainsi la continuité administrative et opérationnelle du mouvement.
Décédé le 18 octobre 2023, Ne Muanda Nsemi était un intellectuel congolais, enseignant de sciences, chef de laboratoire et ancien député national à deux reprises. Leader charismatique, il portait le titre spirituel de Nlongi’a Kongo Ne Mankandala, et s’est illustré par son engagement en faveur du réveil identitaire, culturel et spirituel du peuple Kongo. Son œuvre majeure, Le Makongo, est considérée comme le fondement spirituel du mouvement.
La rédaction



