Une manifestation d’envergure a eu lieu devant l’Hôtel de Ville de Kinshasa ce lundi matin. Les vendeurs et vendeuses de poissons fumés du marché Ngwaka, situé dans une concession de l’Office National de Transport (ONATRA) dans la commune de Barumbu, ont protesté contre leur expulsion subite de leur lieu de commerce. Ces commerçants, dont la majorité sont des femmes, ont exprimé leur colère et leur désarroi face à une décision qu’ils jugent injuste et précipitée.
Selon Ange Kinzela, l’une des vendeuses, la surprise a été totale lorsqu’elles se sont rendues au port pour leur activité quotidienne.
« Nous sommes venues comme d’habitude pour vendre nos poissons fumés, mais nous avons trouvé le marché fermé. Sur place, on nous a dit que le port avait été vendu et que nous devions partir. Nous sommes venues ici pour rencontrer l’autorité et plaider notre cause. Nous ne sommes pas là pour nous battre, mais pour demander une solution », a-t-elle dit.
N’obtenant pas de réponse satisfaisante à l’Hôtel de Ville, les manifestants ont poursuivi leur mobilisation devant le siège de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Une délégation a été reçue par André Kongolo, rapporteur de l’institution, pour exposer leurs préoccupations. À l’issue de cette rencontre, les commerçants ont rapporté un échange encourageant.
« Nous avons été écoutés par le rapporteur. Il nous a demandé de rester calmes et nous a promis qu’il travaillerait avec le gouverneur pour trouver une solution. Nous espérons que cela aboutira rapidement, car nous voulons continuer nos activités en toute sérénité. », a déclaré Hélène Mujinga, une autre vendeuse.
Le marché Ngwaka est depuis longtemps reconnu comme un centre névralgique du commerce de poissons fumés à Kinshasa. Cependant, cette expulsion rappelle aux commerçants la précarité de leur situation. Selon un membre de la délégation.
« Nous savons que le contrat que nous avions avec l’ONATRA était précaire, mais nous espérons qu’ils trouveront un moyen de nous réinstaller ou de nous offrir un autre site pour nos activités. Nous ne voulons qu’une solution pour continuer à subvenir aux besoins de nos familles »
Après leur rencontre avec les autorités provinciales, les manifestants sont rentrés paisiblement, avec l’espoir que leurs revendications soient prises en compte. Toutefois, ils restent dans l’incertitude quant à la suite des événements. En attendant une réponse officielle, ces commerçants devront trouver des moyens provisoires pour continuer leurs activités. La Rédaction



