Face à la recrudescence des violences visant des Africains, notamment des Congolais en Afrique du Sud, des voix s’élèvent pour réclamer une réaction énergique du gouvernement congolais et des instances africaines.
Le président honoraire de la communauté congolaise en Afrique du Sud, Charlie Jephté Mingiedi Mbala N’zeteke, exprime sa vive indignation face aux mauvais traitements infligés aux Congolais vivant sur le sol sud-africain. « Je souffre de voir comment mes compatriotes sont maltraités. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui, mais elle devient une habitude. Et pourtant, personne ne réagit réellement », déplore-t-il. Selon lui, ces violences dépassent le simple cadre de la xénophobie. Il évoque une forme plus ciblée de discrimination. « Ce n’est pas seulement de la xénophobie, c’est une négrophobie. On s’attaque spécifiquement aux Noirs étrangers ».
Une mémoire historique ignorée
L’ancien responsable communautaire rappelle que plusieurs pays africains, dont la RDC, ont contribué activement à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Il cite notamment l’engagement du régime du Maréchal Mobutu Sese Seko, ainsi que la mobilisation populaire en faveur des victimes sud-africaines à l’époque. « Nous avons participé, même modestement, à la lutte contre l’apartheid. Nous avons contribué par des dons, des soutiens divers. Aujourd’hui, voir ces mêmes populations subir des violences est inacceptable », insiste-t-il.
Kinshasa appelée à hausser le ton
Face à cette situation, Charlie Mingiedi appelle le gouvernement congolais à adopter une position ferme et sans ambiguïté.
Il recommande notamment la convocation de l’ambassadeur sud-africain à Kinshasa ;
l’envoi d’un message diplomatique fort ; la mise en garde sur les intérêts sud-africains en RDC. « Si un seul Congolais est touché, les intérêts sud-africains au Congo doivent en pâtir. D’autres pays africains l’ont fait, pourquoi pas nous ? », s’interroge-t-il.
Interpellation de la SADC et de l’Union africaine
Au-delà de la RDC, il appelle également la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à prendre ses responsabilités face à ces violences. Il va plus loin en interpellant l’Union africaine, demandant des mesures symboliques fortes, notamment le retrait du siège du Parlement panafricain de Midrand, en Afrique du Sud ; une condamnation ferme des violences contre les étrangers africains.
« Un pays où l’on tue, viole et agresse des Africains ne peut pas continuer à accueillir des institutions panafricaines ».
Pour conclure, le président honoraire insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective des États africains. « Ce combat ne doit pas être celui de quelques pays seulement. Toute l’Afrique doit dire non à ces dérives. Il en va de notre dignité commune », affirme-t-il.
La Gazette du Continent



