Des experts du secteur éducatif, des responsables du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, des partenaires techniques ainsi que des journalistes ont échangé, mercredi 22 avril 2026 à Kinshasa, lors d’un déjeuner de presse organisé par Unicef, avec l’appui de Street Child, au siège de l’Unicef à Kinshasa.
Au centre des discussions, l’approche TaRL (Teaching at the Right Level / enseigner au bon niveau), présentée comme une réponse concrète à la crise des apprentissages en RDC.
Les échanges ont mis en lumière la nécessité de repenser les méthodes d’enseignement face aux difficultés persistantes rencontrées par de nombreux élèves, notamment en lecture et en mathématiques dès les premières années de scolarité.
Intervenant à cette occasion, Dora Muanda, conseillère chargée des innovations pédagogiques, des réformes et des évaluations au sein du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, a dressé un constat préoccupant.
De nombreux élèves, a-t-elle indiqué, peinent encore à lire, écrire ou reconnaître des lettres et des chiffres, malgré leur progression dans les classes.
Selon elle, l’approche TaRL vise précisément à corriger ce décalage en adaptant l’enseignement au niveau réel des apprenants.
« Il s’agit d’un art d’enseigner qui permet d’ajuster les contenus aux capacités effectives des élèves », a-t-elle expliqué.
De son côté, Francis Ndem, chef de la section Éducation à l’Unicef, a présenté les fondements de cette approche basée sur une évaluation initiale des élèves, leur regroupement par niveau de compétence, un enseignement différencié et un suivi régulier des progrès.
Au-delà des principes, des objectifs chiffrés ont été avancés pour encadrer la mise en œuvre de TaRL en RDC.
D’ici 2026, quatre pools de maîtres-formateurs seront mobilisés pour accompagner l’adoption de cette approche dans 324 écoles ciblées, réparties notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Kasaï-Central et de Kinshasa.
Au-delà des données techniques, les participants ont insisté sur l’importance de replacer l’élève au centre du processus éducatif, en tenant compte de son rythme réel d’apprentissage, une approche susceptible d’améliorer durablement la qualité de l’enseignement et de réduire les inégalités scolaires.
Une montée en puissance progressive d’ici 2027
L’initiative ne se limite pas à une phase pilote. Elle s’inscrit dans une dynamique d’extension et d’ancrage durable au sein du système éducatif congolais.
Au fil des prochaines années, l’accent sera mis sur le renforcement des capacités des enseignants, appelés à intégrer de nouvelles pratiques pédagogiques centrées sur le niveau réel des élèves. Cette transformation devrait s’opérer progressivement dans les 324 écoles concernées.
En parallèle, un modèle propre à la RDC est en cours de structuration.
L’objectif est de disposer d’un cadre pédagogique adapté aux réalités locales, capable d’être reproduit à plus grande échelle.
Sur le terrain, les effets attendus se traduiront par une amélioration tangible des acquis scolaires. Plus de 170 000 élèves sont ainsi concernés, avec l’ambition de les voir progresser de manière significative en lecture et en calcul.
Déjà expérimentée dans plusieurs pays africains, la méthode TaRL apparaît ainsi comme une réponse pragmatique aux faibles niveaux d’acquisition des compétences de base observés en fin de cycle primaire en RDC.
T. Basilubo



