Kongo central : un plaidoyer pour la construction d’un musée des esclaves à Nsiamfumu

Kongo central : un plaidoyer pour la construction d’un musée des esclaves à Nsiamfumu

Kinshasa, 19 janvier 2026 (ACP).- Un plaidoyer pour la construction d’un musée des esclaves a été lancé à Nsianfumu, site historique situé dans le territoire de Muanda, province du Kongo Central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP lundi de source coutumière, au cours d’un entretien.

« Nous demandons au gouvernement de construire un grand musée à Nsianfumu afin de reconstruire et préserver l’histoire du royaume Kongo », a déclaré le chef coutumier Nsiala, coordonnateur du royaume Kongo.

Selon ce responsable coutumier, l’origine du royaume Kongo ne se limite pas uniquement au site de Nsianfumu.

« Le royaume Kongo est né à la fin du XIVᵉ siècle dans l’actuelle Afrique centrale et s’est étendu sur plusieurs territoires, notamment l’Angola, la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun et une partie du Tchad », a-t-il expliqué, tout en soulignant que son pouvoir coutumier couvre l’autorité traditionnelle de ces espaces.

Il a rappelé que depuis le 18 janvier 2025, Sa Majesté Luemba Lelo a été intronisée roi du royaume Kongo et a reçu l’ensemble des objets ancestraux symbolisant la royauté, l’autorisant ainsi à gérer ce patrimoine historique.

« Notre souhait est que l’État accompagne la construction d’un musée des esclaves à Nsianfumu afin que l’histoire de notre pays ne disparaisse pas.  Ce musée permettra au monde de mieux connaître l’histoire liée à la traite négrière », a insisté le chef coutumier.

Nsianfumu, un site historique de référence

Il a indiqué que Nsianfumu constitue un lieu de référence où subsistent des traces authentiques de l’histoire de la RDC et de l’Afrique en général.

« Bien que ce site soit connu localement, nous voulons qu’il soit mieux valorisé et reconnu au niveau international. Nous  plaidons également pour l’installation d’entreprises afin de contribuer au développement de la zone », a-t-il ajouté.

Faisant une comparaison avec Zanzibar, le chef coutumier a estimé que la construction d’un grand musée de la traite négrière à Nsianfumu est nécessaire pour valoriser ce site historique, à l’image de celui érigé à Zanzibar.

« Plusieurs objets utilisés par les esclaves, notamment des marmites, des assiettes et des chaînes, sont conservés dans la forêt de Nsianfumu sous la gestion de l’actuel roi Luemba Lelo », a-t-il fait savoir.

Situé à environ 14 kilomètres de la ville côtière de Muanda, à l’embouchure du fleuve Congo, Nsianfumu est un site touristique de la province du Kongo Central. En kikongo, Nsianfumu signifie Mboka mokonzi (le village du chef). Il fut un important point d’embarquement des esclaves entre le XVᵉ et la fin du XIXᵉ siècle vers les Amériques et les îles de l’Atlantique.

Né à la fin du XIVᵉ siècle dans la région du Bas-Congo, le royaume Kongo s’est progressivement fragmenté à la suite de conflits internes, notamment après l’arrivée des Portugais. L’actuel roi Luemba Lelo, issu de la première lignée Masala, est le 36ᵉ souverain du royaume.

ACP/C.L.

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