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Une arche de Néo pour les Rhinos : 24 Géants blancs réintroduits avec succès au parc de la Garamba

Dans une opération aussi spectaculaire que cruciale, 24 rhinocéros blancs du Sud ont achevé avec succès un long voyage aérien et terrestre depuis l’Afrique du Sud pour retrouver les savanes du Parc national de la Garamba, en République démocratique du Congo. Cette translocation, menée le 10 décembre 2025, est un exploit technique et une pierre angulaire dans la résurrection écologique de l’un des plus anciens parcs d’Afrique et un pas de géant pour la survie de l’espèce dans la région.

Après une première réintroduction pilote en 2023 mettant fin à vingt ans d’absence,ce nouveau groupe de 24 individus vise à établir une population génétiquement viable et pérenne. L’initiative « Rhino Rewild », portée par l’ONG African Parks en partenariat avec les autorités congolaises dont ICCN, ambitionne de réensauvager plus de 2000 rhinocéros à travers l’Afrique. La Garamba, avec son immense étendue protégée de 5000 km², sa gestion renforcée et son dispositif de sécurité robuste, est désormais identifiée comme un sanctuaire clé.

La préparation a été minutieuse.Les animaux, préalablement réacclimatés pendant plusieurs mois dans la réserve sud-africaine de Munywana, ont été exposés aux conditions qu’ils rencontreraient en RDC, notamment certaines maladies endémiques. Puis est venu le temps du voyage. Un convoi routier jusqu’à Johannesburg, un vol long-courrier en Boeing 747 jusqu’en Ouganda, un second vol en C-130 plus adapté aux pistes africaines, et enfin un dernier trajet en camion jusqu’à leur nouveau territoire. Chaque étape a été supervisée par des vétérinaires et des spécialistes pour minimiser le stress des animaux.

Un partenariat continental pour un symbole universel

Ce projet colossal illustre la puissance des collaborations transfrontalières.Aux côtés des gestionnaires du parc (ICCN et African Parks) et de la réserve sud-africaine Munywana, on trouve le géant minier Barrick Gold, via sa filiale Kibali, parmi les principaux financeurs.

L’Union européenne, ainsi que des fondations philanthropiques américaines, apportent également un soutien structurel. Cette mosaïque d’acteurs démontre que la conservation de la mégafaune peut fédérer au-delà des seuls cercles environnementalistes.

Les défis de l’après-translocation

L’arrivée n’est que le début. Les équipes sur place entament maintenant une phase de monitoring intensif. « Le succès se mesurera à la capacité de ces colosses à s’adapter, à se reproduire et à recoloniser progressivement leur habitat historique, sous la protection constante des écogardes. La présence croissante de cette population fondatrice est un signal qui prouve que même dans des régions ayant connu des conflits, la restauration d’écosystèmes complets est possible avec une gouvernance dédiée et des moyens adaptés», peut-on lire dans le communiqué de African Parks.

Cette réintroduction est une victoire conservatoire ; c’est un message d’espoir pour la RDC et pour l’Afrique. Elle montre que la protection du patrimoine naturel peut aller de pair avec la coopération internationale et le développement, faisant du rhinocéros blanc non seulement un survivant, mais aussi un ambassadeur de la résilience.

Dorcas Nzumea

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