Kinshasa : des professionnels des médias congolais en immersion au « Grand Tambour »

Kinshasa : des professionnels des médias congolais en immersion au « Grand Tambour »

Le Centre Culturel et Artistique pour les Pays de l’Afrique Centrale (CCAPAC), également appelé « Grand Tambour », a accueilli, lundi 16 mars, des professionnels des médias congolais pour une visite guidée de ses installations, suivie d’un échange de presse. Cette initiative visait à faire découvrir les capacités de cette infrastructure culturelle moderne, tout en renforçant sa visibilité auprès du public.

Au cours de cette immersion, les journalistes ont exploré les différentes composantes de ce complexe conçu selon des standards internationaux. Inspirée de motifs culturels africains, notamment kuba, l’architecture du bâtiment incarne une alliance entre tradition et modernité. Symbole fort, le Grand Tambour, dont s’inspire le centre, est considéré comme la « voix collective du peuple », un instrument ancestral de communication, de rassemblement et d’éveil des consciences. Sa forme circulaire évoque l’égalité et traduit une vision où la tradition guide la modernité.

Sur le plan technique, le CCAPAC se distingue par des équipements de pointe. Le complexe dispose d’une grande salle polyvalente adaptée aussi bien aux spectacles qu’aux productions audiovisuelles, à l’image d’un plateau de télévision. Le Grand Théâtre, d’une capacité de 2 000 places, et le Petit Théâtre, pouvant accueillir environ 800 personnes, constituent les deux principaux espaces de représentation. Bien que différents par leurs dimensions, ces salles répondent aux mêmes exigences techniques et professionnelles.

Doté d’un système de sonorisation performant, le centre bénéficie également d’une autonomie énergétique grâce à un groupe électrogène de forte capacité, soutenu par des dispositifs de secours. L’infrastructure intègre des installations électriques modernes, des systèmes de sécurité incendie ainsi que des équipements conçus pour limiter les interférences techniques lors des productions, caractéristiques d’un bâtiment intelligent.

Les professionnels des médias ont également visité les loges destinées aux artistes, un vaste espace backstage pouvant accueillir un grand nombre de techniciens et d’intervenants, ainsi qu’une fosse scénique modulable répondant aux exigences de divers types de spectacles. Le centre comprend en outre des salles de répétition servant également de studios de production.

S’étendant sur un vaste site doté notamment d’un parking de grande capacité de plus de 400 véhicules, le CCAPAC se positionne comme un outil stratégique au service de la culture congolaise et africaine. Inauguré le 14 décembre 2024 à Kinshasa par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, il ambitionne de devenir un pôle culturel majeur pour la sous-région.

Intervenant lors de la rencontre, le chargé des médias du centre, Rémy-Césaire Tshiamala Dinanga, a souligné l’importance de cette initiative :

« Il était important pour nous de permettre aux professionnels des médias de découvrir le centre au-delà de ses salles. Il y a toute une vie ici », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé que le CCAPAC constitue aujourd’hui un outil de souveraineté culturelle pour la République démocratique du Congo, tout en déplorant l’absence de dotation financière régulière de l’État depuis son inauguration.

« Nous attendons que le gouvernement accompagne cet établissement public afin de garantir son bon fonctionnement et sa pérennité », a-t-il ajouté.

Malgré ces contraintes, la direction, assurée par Balufu Bakupa-Kanyinda, s’efforce de maintenir les installations grâce à des mécanismes de financement ponctuels.

Au-delà de ses infrastructures, le CCAPAC porte une mission de créer, diffuser et préserver les arts congolais et africains, promouvoir l’innovation culturelle, encourager la participation citoyenne, faciliter le dialogue interculturel et contribuer au développement social, économique et éducatif à travers la culture.

Sur le plan culturel, plusieurs activités sont programmées. Le mois de mars est consacré aux Journées congolaises de l’image de la femme africaine, tandis qu’un hommage à Papa Wemba est prévu en avril, à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition.

Concernant les coûts de location des salles, M. Remy-Cesaire a indiqué, que le centre tient compte des charges liées à l’entretien des infrastructures et au personnel, tout en précisant que ces tarifs font souvent l’objet d’ajustements.

Le Centre Culturel et Artistique pour les Pays d’Afrique Centrale (CCAPAC), dit « Grand Tambour », a été construit grâce à un financement majoritaire du gouvernement chinois, dans le cadre de la coopération sino‑congolaise. Ce projet, inscrit dans le cadre de la coopération entre la RDC et la Chine, a vu sa première pierre posée en 2019 lors d’une cérémonie officielle à Kinshasa, en présence de représentants congolais et chinois.

La rédaction

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