Kinshasa, la capitale congolaise a abrité ce vendredi 27 février une rencontre de premier plan consacrée à la coopération monétaire en Afrique centrale. Réunis sous l’égide de la Banque Centrale du Congo, les gouverneurs de la sous-région ont planché sur les moyens de renforcer l’intégration financière et d’accélérer la convergence de leurs économies.
Au cœur des échanges qui ont mobilisé pendant deux jours les experts avant de réunir les gouverneurs, un examen approfondi des avancées du Programme de coopération monétaire en Afrique centrale. Les participants ont procédé à une évaluation minutieuse de la mise en œuvre des décisions prises lors de la 47ème réunion ordinaire du Conseil des Gouverneurs, tout en examinant l’état d’avancement du programme d’harmonisation des cadres de politique monétaire dans la sous-région.
Les discussions ont permis de valider un rapport crucial sur la convergence des indicateurs macroéconomiques. Cet exercice de discipline collective a été jugé essentiel pour crédibiliser le processus d’intégration. Les débats ont notamment porté sur la maîtrise de l’inflation, la soutenabilité des finances publiques, la stabilité du secteur bancaire et l’harmonisation des cadres prudentiels.
A l’issue des débats, les Gouverneurs ont réaffirmé leur engagement à poursuivre l’alignement progressif des instruments de politique monétaire et des dispositifs de supervision financière.

L’intégration, un « levier de transformation structurelle »
Dans son allocution de clôture, André Wameso, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo et Président en exercice du Comité, a placé cette dynamique dans une perspective de long terme.
Selon lui, l’intégration économique et monétaire n’est pas une fin en soi, mais « un levier déterminant pour la transformation structurelle des économies d’Afrique centrale ».
« En renforçant notre coopération monétaire, nous nous donnons les moyens d’améliorer l’allocation des ressources, de stimuler l’investissement régional et de réduire les coûts de transaction pour nos populations », a-t-il déclaré devant les délégations réunies.
Il a également insisté sur la nécessité de construire ensemble un rempart contre la vulnérabilité aux chocs extérieurs, une préoccupation majeure pour des économies encore fortement exposées aux fluctuations des marchés mondiaux.
Cette vision s’inscrit dans une ambition plus largement affirmée par le Gouverneur : « La consolidation de notre souveraineté financière passe par une intégration plus poussée. C’est un acte stratégique pour l’avenir du continent ».
Des défis structurels à surmonter
Les participants n’ont pas éludé les fragilités communes qui freinent le développement de la sous-région. S’appuyant sur des données récentes de la Banque mondiale, les travaux ont mis en lumière une trop forte dépendance aux exportations de matières premières, une faible diversification productive et un déficit criant en infrastructures.
Face à ce constat, les Gouverneurs ont insisté sur l’urgence d’accélérer les réformes structurelles pour promouvoir une croissance durable, inclusive et résiliente. « Nous devons transformer nos économies pour qu’elles créent plus de valeur ajoutée et d’emplois », a résumé une source proche des travaux.
Les travaux de Kinshasa ont également permis de définir la feuille de route pour l’année prochaine. Les thématiques prioritaires du Séminaire continental et du Symposium des Gouverneurs, prévus en 2026, ont été arrêtées. Les débats futurs se concentreront sur des enjeux d’avenir tels que la stabilité financière à l’ère de la digitalisation, l’inclusion financière et l’innovation technologique, l’intégration monétaire africaine et la consolidation de la souveraineté financière du continent.
La Rédaction
