Dans une démarche visant à transformer les textes en réalités tangibles, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, a donné le coup d’envoi, mercredi dernier, à Kinshasa, d’une enquête nationale d’envergure. L’initiative a pour objectif de diagnostiquer avec précision le niveau d’intégration et de compréhension des questions de genre au cœur des ministères et institutions publiques de la RDC.
Ce projet ambitionne de franchir un cap décisif dans la gouvernance nationale.En confrontant les avancées juridiques à la réalité des pratiques administratives, le ministère entend jeter les bases d’une véritable culture de l’égalité, dépassant le stade des principes pour atteindre celui des faits.
L’enquête permettra d’élaborer un profil genre spécifique à chaque entité publique, une cartographie fine destinée à révéler les obstacles persistants et à orienter des solutions sur mesure pour une gestion publique inclusive.
La ministre a rappelé que la RDC ne part pas de zéro, s’appuyant sur un arsenal juridique solide incluant l’article 14 de la Constitution, la loi sur la parité de 2015, ou encore la Résolution 1325 des Nations unies. Cependant, pour Micheline Ombae Kalama, ce cadre ne prend tout son sens que par son application effective.
« Ces textes sont des fondations, mais une fondation reste une structure inerte tant qu’elle n’est pas habitée, animée par la volonté des hommes et des femmes qui construisent la vie de la nation. Sans cette impulsion humaine, sans cette appropriation collective, le plus beau des édifices juridiques demeure silencieux et inefficace face aux défis concrets de l’égalité », a-t-elle développé.

Face à la persistance d’une faible représentativité féminine dans les instances de décision et les processus de paix, la patronne du Genre a insisté sur la nécessité d’une mobilisation continue. Car cette enquête nationale, dit-elle, s’inscrit dans une stratégie plus large, qui comprend la vulgarisation des textes, la promotion de la masculinité positive, le déploiement des Maisons de la femme, ainsi que l’opérationnalisation du Conseil national du Genre et de la Parité.
En exhortant les agents et cadres de l’État à une participation sincère, la ministre a martelé un message, celui de l’égalité entre les sexes qu’elle a considéré comme un droit fondamental et un moteur de progrès pour la société toute entière et non une concession.
« Je veux que nous ayons tous à l’esprit que la parité n’est pas une faveur que l’on accorde, une concession que l’on fait aux femmes par bonté d’âme ou par opportunisme politique. C’est un principe constitutionnel, un droit fondamental inscrit dans la loi suprême de notre pays. C’est surtout un levier puissant de transformation sociale, car aucune nation ne peut prétendre au développement durable en laissant la moitié de sa population en marge des décisions qui engagent son avenir », a-t-elle rappelé.
En inaugurant cette enquête, Micheline Ombae Kalama a formulé le vœu que cet outil devienne un véritable guide pour éclairer les politiques publiques futures.L’objectif final est d’ancrer le genre comme une norme de gouvernance incontournable, ouvrant la voie à une administration plus représentative et à un changement durable dans le quotidien de tous les Congolais.
La rédaction
