Kinshasa : le 10ᵉ Congrès national des gynécologues appelle à des actions urgentes pour la santé mère-enfant

Kinshasa : le 10ᵉ Congrès national des gynécologues appelle à des actions urgentes pour la santé mère-enfant

La Société congolaise de gynécologie et d’’obstétrique (Scogo) a clôturé jeudi 18 décembre à Kinshasa son 10ᵉ Congrès national, marqué également par la célébration de ses 40 ans d’existence. Durant trois jours, des experts venus de tout le pays ont réfléchi autour du thème : « Rôle du Gynécologue-Obstétricien face aux défis sanitaires du couple mère-enfant à l’ère de la Couverture Santé Universelle ».

Au cœur des échanges, des recommandations majeures destinées aux autorités politiques, au ministère de la Santé publique, aux partenaires techniques et financiers, aux prestataires de santé, ainsi qu’aux personnes de bonne volonté.

Les recommandations prioritaires du Congrès ont appelé à des actions immédiates.

La Scogo a rendu publiques une série de recommandations stratégiques destinées à améliorer la prise en charge maternelle et néonatale en RDC. Elle appelle notamment à : l’élaboration d’un projet national de renforcement des capacités des prestataires œuvrant dans les structures sanitaires du pays;

L’accessibilité et la disponibilité en temps voulu des médicaments essentiels, particulièrement ceux liés aux soins d’urgence obstétricaux et néonataux;

L’élaboration d’une feuille de route pour la réforme de la formation des gynécologues obstétriciens en RDC;

L’harmonisation des curricula de formation en gynécologie et obstétrique au niveau national;

La mutualisation des ressources humaines et matérielles dédiées à la formation des GO;

L’institutionnalisation d’un système de formation continue pour renforcer les compétences des professionnels de la santé reproductive;

La promotion de la recherche opérationnelle et la consolidation de partenariats publics-privés.

La Scogo a insisté sur la nécessité de traduire ces résolutions en actions concrètes, visibles et mesurables, soulignant que chaque décès maternel constitue un échec collectif et une interpellation de notre conscience nationale.

Clôturant les assises, le Secrétaire général à la Santé publique a salué la qualité des recommandations formulées et a rassuré de la disponibilité du ministère à faciliter leur mise en œuvre.

Il a invité les gynécologues à soutenir la Couverture Santé Universelle (CSU) en veillant au respect des normes, directives et stratégies d’intervention en matière de santé maternelle et reproductive.

Un nouveau président à la tête de la Scogo

Ce congrès a également été marqué par l’élection du Dr Arthur Munkana Ndundula, comme nouveau président de la Scogo, en remplacement de M. Muela Difunda.

Dans son discours, il a exprimé sa gratitude et son engagement :

« Je reçois ce mandat avec humilité et détermination, celle de servir notre société savante, notre profession et surtout la santé et la dignité des femmes, des mères et des nouveau-nés», a-t-il déclaré.

Il a promis de travailler en synergie avec les partenaires, notamment dans le cadre du programme de maternité gratuite initié par le Chef de l’État. Et a annoncé qu’un prochain congrès est annoncé pour 2027 dans la région Sud du pays, probablement à Kolwezi.

A l’endroit des membres, il a rappelé que l’adhésion à la Scogo est un devoir moral :
« Être membre ce n’est pas un titre mais un engagement scientifique, éthique et associatif», a-t-il rappelé.

Regards des participants

Parmi les intervenants, Emmanuel Nzau a souligné l’importance de renforcer les capacités dans des domaines tels que l’endoscopie, l’hystérectomie, la prise en charge des hémorragies du post-partum et la maîtrise d’actes pouvant sauver la vie des femmes.

Il a rappelé qu’une enquête menée par son groupe a mis en lumière des lacunes importantes chez de nombreux praticiens en RDC, d’où la nécessité urgente d’investir dans la formation continue.

Parmi les partenaires ayant accompagné ce 10ᵉ congrès figure MSI Reproductive Choices, organisation internationale active dans 37 pays, notamment dans
la planification familiale, la santé sexuelle et reproductive, les services de contraception et l’avortement sécurisé dans les pays où il est légal.

La rédaction

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