La Société congolaise de gynécologie et d’obstétrique (Scogo) a ouvert mardi, à Kinshasa, les assises de son 10ᵉ Congrès national, couplé à la commémoration de son 40ᵉ anniversaire, autour du thème : « Rôle du gynécologue-obstétricien face aux défis sanitaires du couple mère-enfant à l’ère de la couverture santé universelle ».
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, des responsables des institutions sanitaires, des partenaires techniques et financiers, ainsi que de nombreux professionnels de santé venus de différentes provinces du pays.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Santé a salué l’initiative de la Scogo, soulignant l’importance stratégique du rôle des gynécologues-obstétriciens dans la construction de l’avenir du pays.
« Protéger une maman qui accouche, protéger un bébé, soigner une femme avant même qu’elle ne devienne mère, c’est être au début de la vie. Et lorsque le début de la vie est compromis, c’est toute la société qui est mise en danger », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Il a rappelé que la prise en charge du couple mère-enfant constitue la première phase de la Couverture santé universelle, telle que voulue par le Président de la République.
« Il est inacceptable que, dans une société moderne, des femmes continuent de mourir en couches alors que d’autres pays ont ramené cette mortalité à zéro », a-t-il insisté, appelant à des décisions courageuses et concertées.
Déclarant officiellement ouverts les travaux du congrès, le ministre a exprimé l’espoir que les réflexions issues de ces assises débouchent sur des orientations claires capables de sauver des vies.
Un congrès tourné vers la formation et l’avenir

Pour le Dr Victor Muela Difunda, président du Comité exécutif national de la Scogo (mandat 2019-2025), ce 10ᵉ congrès s’inscrit dans la mission fondamentale de la société savante.
« Ce congrès s’inscrit dans la tradition de la Scogo former ses membres, réfléchir sur les priorités de l’heure et préparer l’avenir de la profession », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que la première journée a été volontairement consacrée à la couverture santé universelle, en lien avec la gratuité de la maternité et la formation des gynécologues-obstétriciens.
« Nous avons fait un état des lieux, mais la réflexion va se poursuivre. Le pays a besoin de plus de gynécologues-obstétriciens, mieux formés, mieux répartis et capables de répondre aux urgences obstétricales », a-t-il souligné.
Parmi les résultats attendus du congrès figurent l’adoption de recommandations et de résolutions, l’élaboration d’un nouveau plan stratégique quinquennal de la Scogo et le renforcement du plaidoyer en faveur de l’équipement des structures sanitaires et de la formation continue.
Les travaux scientifiques du congrès ont été marqués par la présentation de plusieurs études menées en RDC, notamment à Butembo et à Kisangani, portant sur la fertilité féminine, le syndrome des ovaires micropolykystiques (SOMPK), la drépanocytose et la réserve ovarienne.
Parmi les communications phares figurent :
la valeur prédictive de l’hormone antimüllérienne (AMH) dans le diagnostic du SOMPK chez les patientes infertiles à Butembo ;
la prévalence et les facteurs associés au SOMPK chez les femmes infertiles ;
l’évaluation de la réserve ovarienne chez les patientes drépanocytaires à Kisangani, mettant en évidence l’impact des crises vaso-occlusives et du taux d’hémoglobine.
Ces travaux ont souligné la nécessité d’une prise en charge précoce, adaptée et intégrée de la santé reproductive des femmes congolaises.
Le soutien des partenaires, dont MSI Reproductive Choices
La Scogo a salué l’accompagnement de ses partenaires, notamment MSI Reproductive Choices, organisation internationale engagée dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive, partenaire clé dans le renforcement des capacités, l’accès aux soins de qualité et la mise en œuvre de solutions durables en faveur des femmes.
Evoquant l’absence de certains congressistes de l’Est du pays en raison de l’insécurité, le président de la Scogo a exprimé sa solidarité et son optimisme.
« Nous déplorons cette situation, mais nous restons confiants que la paix reviendra et que nos collègues pourront à nouveau servir pleinement leurs communautés », a-t-il déclaré.
Prévu du 16 au 18 décembre 2025, le 10ᵉ Congrès de la Scogo se poursuit avec des panels, conférences et ateliers pratiques, notamment sur la prise en charge des hémorragies du post-partum, l’hystéroscopie, l’échographie de dépistage et la prévention des lésions précancéreuses, réaffirmant ainsi le rôle central du gynécologue-obstétricien dans la survie et le bien-être du couple mère-enfant en RDC.
La rédaction
