A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2025 célébrée le mardi 25 novembre, l’Onusida a affirmé que la riposte mondiale au VIH a subi son revers le plus important depuis des décennies. Dans son rapport intitulé « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida », l’ONG a alerté sur une forte baisse de l’aide internationale.
Ce rapport détaille les conséquences considérables des réductions du financement international et du manque de solidarité mondiale qui ont provoqué une onde de choc dans les pays à revenu faible et intermédiaire lourdement touchés par le VIH. Les projections de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) indiquent que le financement extérieur de la santé pourrait diminuer de 30 à 40 % en 2025 par rapport à 2023, ce qui entraînera des perturbations immédiates et encore plus graves des services de santé dans les pays à revenu faible et intermédiaire.Il sied de noter que cette situation touche également la RDC. L’Obusidansignale des perturbations généralisées dans la prévention du VIH, le dépistage et les programmes communautaires.
Dans 13 pays, le nombre de personnes ayant commencé un traitement a diminué, des ruptures de stock de kits de dépistage du VIH et de médicaments essentiels ont été signalées en Éthiopie et en République démocratique du Congo, la distribution de médicaments préventifs a chuté de 31 % en Ouganda, de 21 % au Viêtnam et de 64 % au Burundi, 450 000 femmes en Afrique subsaharienne n’ont plus accès à leurs « mères référentes », des travailleuses communautaires de confiance qui les orientent vers les soins.
Winnie Byanyima, Directrice exécutive d’Onusida, a déclaré lors d’une intervention à Genève, que la crise du financement a mis en lumière la fragilité des progrès durement obtenus.
« Derrière chaque donnée de ce rapport se cachent des personnes… des bébés non dépistés pour le VIH, des jeunes femmes privées de soutien en matière de prévention et des communautés soudainement laissées sans services ni soins. Nous ne pouvons pas les abandonner »,a-t-elle ajouté.
Selon les modélisations de l’Onusida, l’absence de rétablissement des efforts de prévention pourrait entraîner 3,3 millions de nouvelles infections au VIH supplémentaires entre 2025 et 2030.
Et à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Onusida appelle les dirigeants du monde entier à réaffirmer la solidarité mondiale, le multilatéralisme et l’engagement collectif à combattre et à mettre fin au sida ensemble ; à maintenir le financement de la riposte, à Investir dans l’innovation, y compris dans des options abordables de prévention et de traitement à longue durée d’action.
Cette ONG invite, par ailleurs les dirigeants à défendre les droits de l’homme et à renforcer les communautés.
Dorcas Nzumea
