Les autorités congolaises ont annoncé ce jeudi l’apparition d’une nouvelle épidémie du virus Ebola dans la province du Kasaï. À ce jour, 28 cas suspects et 16 décès ont été enregistrés, dont quatre parmi le personnel médical, selon le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Roger Samuel Kamba.
« La déclaration que je fais aujourd’hui procède sur la rigueur des faits, la clarté scientifique et une chaîne complète d’investigation… C’est pour cela que j’annonce officiellement, au nom du ministère de la Santé publique, la résurgence de la maladie à virus Ebola, de la souche Zaïre, dans la zone de santé de Bulape », a déclaré le ministre, rappelant qu’il s’agit de la 16ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée dans notre pays depuis 1976.
Les premières investigations ont permis de retracer l’origine de cette flambée. Le premier cas, identifié le 20 août, concernait une femme enceinte de 34 ans admise à l’hôpital général de Bulape, présentant une forte fièvre, des diarrhées sanglantes et des vomissements hémorragiques. Elle est décédée quelques heures après son admission. Quelques jours plus tard, un infirmier et un laborantin qui l’avaient prise en charge ont développé les mêmes symptômes et n’ont pas survécu.
Le 3 septembre, cinq échantillons analysés par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont confirmé la présence du virus Ebola de souche Zaïre, connu pour sa virulence. La zone de santé de Mweka est également touchée, ce qui fait craindre une propagation plus large si des mesures drastiques ne sont pas appliquées.
Pour contenir l’épidémie, le gouvernement a activé le Centre des opérations d’urgence de santé publique et déployé des équipes d’intervention rapide. Des structures de triage et d’isolement ont été mises en place, tandis que des sépultures sécurisées ont été organisées pour limiter les risques de transmission, tout en respectant la dignité des familles.
« L’avantage avec Ebola Zaïre, c’est que nous disposons désormais d’un traitement spécifique, Ebanga, issu des recherches du professeur Jean-Jacques Muyembe. Ce traitement sera administré aux patients, et nous espérons contenir rapidement cette flambée », a souligné le ministre Kamba.
Le gouvernement a également prépositionné 2.000 doses du vaccin Ervebo à Kinshasa, prêtes à être transférées vers le Kasaï pour vacciner les contacts et le personnel de santé en première ligne.
L’OMS apporte son soutien avec du matériel de protection et un laboratoire mobile, tandis que des mesures de prévention communautaire sont encouragées.
Le ministre Kamba a enfin lancé un appel à la population.
« Signalez tout cas suspect via le numéro vert 151, évitez tout contact direct avec les malades ou les corps non pris en charge, ne manipulez pas d’animaux morts et adoptez une hygiène rigoureuse. La lutte contre Ebola nécessite solidarité et confiance envers le personnel médical ».
La RDC a déjà fait face à 15 épidémies d’Ebola depuis 1976, la plus récente ayant eu lieu en avril 2022 dans la province de l’Équateur et maîtrisée en moins de trois mois.
La rédaction.
