La guerre qui sévit à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), frappe durement les populations civiles. Mais parmi elles, un groupe particulièrement vulnérable subit une détresse souvent ignorée : les personnes vivant avec un handicap.
Hervé Ndaywel Bwamanda, président international de l’Association des personnes vivant avec handicap international (A.P.V.H.I), a tiré la sonnette d’alarme : « Les personnes handicapées sont les premières oubliées dans ce conflit. Elles subissent des violences, des déplacements forcés et un manque criant d’accès aux services de base».
Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, les attaques des groupes armés forcent des milliers de civils à fuir. Mais pour les personnes handicapées, l’exil est un parcours semé d’embûches.
« Quand une attaque survient, tout le monde court pour sauver sa vie. Mais qu’en est-il de ceux qui ne peuvent pas courir ? Ils sont laissés derrière, à la merci des assaillants », a déploré Hervé Ndaywel Bwamanda.
Certaines, incapables de se déplacer seules, se retrouvent abandonnées ou tuées. Celles qui parviennent à rejoindre des camps de déplacés font face à d’autres souffrances : manque d’infrastructures adaptées, difficultés d’accès aux soins et violences accrues.
Un accès aux soins quasi inexistant
La guerre fragilise encore davantage un système de santé déjà précaire. Pour les personnes handicapées, cela signifie un accès aux soins quasi inexistant.
« Quand un hôpital est attaqué, tout le monde fuit. Mais une personne en fauteuil roulant ou avec une déficience visuelle, comment fait-elle ? », s’est interrogé le président de l’A.P.V.H.I.
Les médicaments et équipements spécifiques, comme les prothèses ou les fauteuils roulants, sont souvent introuvables dans ces zones de conflit, aggravant leur souffrance.
Par ailleurs, dans les camps de déplacés, les personnes en situation de handicap sont particulièrement exposées aux abus. Les femmes handicapées, déjà victimes de discriminations en temps de paix, subissent de plein fouet les violences sexuelles et les mauvais traitements.
« Nous avons des témoignages de femmes sourdes et muettes violées en toute impunité, car elles ne peuvent ni crier ni dénoncer leurs bourreaux », a affirmé Hervé Ndaywel Bwamanda.
Face à cette tragédie, le gouvernement congolais et la communauté internationale doivent agir. Des efforts existent, mais ils restent insuffisants.
« L’Onu, la Croix-Rouge et d’autres organisations humanitaires font ce qu’elles peuvent, mais sans une vraie volonté politique, ces personnes continueront à être les oubliées de la guerre », a martelé Hervé Ndaywel Bwamanda.
Des solutions pour ne plus les laisser pour compte
Pour répondre à cette urgence humanitaire, plusieurs pistes sont envisagées :
- Intégrer les personnes handicapées dans les plans d’évacuation et d’aide humanitaire.
- Construire des infrastructures adaptées dans les camps et les centres de santé.
- Lutter contre la discrimination et inclure ces personnes dans les politiques de reconstruction post-conflit.
- Offrir un soutien psychologique et médical adapté aux victimes de la guerre.
La guerre en RDC continue d’endeuiller des milliers de familles. Mais au milieu du chaos, ceux qui sont déjà marginalisés en temps de paix deviennent les invisibles du conflit. Il est urgent que leur détresse soit entendue et que des actions concrètes soient mises en place pour leur venir en aide, a conclu M. Hervé Ndaywel.
C.P.
